Le chat et le lait : un risque réel pour sa santé ?

A sa naissance, l’enzyme spécifique de la digestion du lactose ou lactase est disponible dans l’intestin grêle du chaton. Cette enzyme est essentielle car elle permet d’hydrolyser le lactose. Ainsi, le chaton est physiologiquement capable de digérer le lactose, présent dans le lait de sa mère.

Mais l’activité de la lactase évolue avec l’âge. Elle diminue progressivement avant de chuter plus brutalement autour du sevrage entre 4 et 7 semaines. Cette baisse d’activité survient alors que les chatons sont toujours nourris avec du lait. Sa consommation continue n’influence pas l’activité de la lactase. La diminution de l’activité enzymatique ne correspond donc pas à une adaptation au régime alimentaire.

Lorsque le lactose contenu dans le lait n’est plus hydrolysé dans l’intestin grêle, il atteint le côlon et devient alors un substrat fermentescible pour le microbiote intestinal. Cette fermentation entraîne des troubles digestifs tels qu’une diarrhée, des flatulences ou encore des douleurs abdominales.

Les chats adultes gardent une appétence pour le lait. Les raisons exactes restent encore inconnues, mais il pourrait s’agir d’une attirance élevée pour le lactose et les matières grasses, mécanisme conservé pour encourager les chatons à consommer le lait maternel. Le lait est également parfois utilisé dans certaines études comme un stimulant d’appétit.

Bien que l’activité de la lactase soit plus faible chez l’adulte, elle ne disparaît pas complètement. Selon des études, les chats adultes semblent capables de digérer jusqu’à 1,3 g de lactose par kg de poids corporel.

Ainsi, chez un chat adulte de 4 kg, la quantité de lait de vache potentiellement tolérable serait légèrement supérieur à 100 ml.

Ce résultat doit être interprété avec prudence, compte tenu de certaines contraintes méthodologiques qui ne seront pas détaillées ici.

Si le chat adulte est capable de digérer de faibles quantités de lactose, il n’existe aucun intérêt nutritionnel à proposer du lait de vache. De plus, c’est un aliment relativement riche en énergie. Pour un chat stérilisé de 4 kg, le besoin énergétique quotidien est estimé à environ 200 kcal: la consommation de la quantité maximale tolérable représente environ 48 kcal soit près de 25% du besoin énergétique.

 

Or, dans le contexte où près d’un chat sur deux est en situation de surpoids en France, l’ajout de lait à la ration quotidienne apparaît comme un facteur de risque supplémentaire de prise de poids. La consommation de lait chez le chat adulte pourrait ainsi avoir un effet délétère indirect en favorisant le surpoids.

De plus, les produits laitiers peuvent représenter une source d’allergie alimentaire, même s’ils n’en sont pas la cause principale. Selon des chercheurs, environ 4% des allergies alimentaires chez le chat seraient attribuables aux produits laitiers.

Pour conclure, bien que les données soient limitées et anciennes, le chat semble capable de digérer de petites quantités de lait. Néanmoins, en raison de sa densité énergétique et de son faible intérêt nutritionnel, il n’est pas opportun de proposer un bol de lait au chat. Cependant, du fait de son attractivité, quelques millilitres de lait peuvent être présenter comme simples facteurs d’appétence.

Sources : La Dépêche Technique – Avril 2026 DT N°233 – Le lait chez le chat : une consommation à risque ? (pages 17-18)

Cet article a été sélectionné et rédigé par le Dr CARRERE

 

 

 

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