Les animaux impactés par les conflits armés

Premier exemple : l’utilisation de pigeons « biodrones » pour une probable finalité guerrière.

Le recours aux pigeons n’est pas une nouveauté.

Ils ont servi dans l’armée française essentiellement pendant la Première Guerre mondiale, où 50 000 à 100 000 pigeons furent employés. Un monument leur est dédié car 20 000 d’entre eux sont morts pour la France. Ces oiseaux ont même leur héros de Verdun: Vaillant, pigeon cité à l’ordre de la Nation et décoré de la bague d’honneur, comme un soldat.

L’armée française conserve de nos jours un élevage de 200 pigeons en cas d’effondrement total des communications. L’élevage de pigeons n’est pas récent : il remonte à l’époque des Perses, s’étend à la Grèce et à l’Égypte puis gagne toute la civilisation romaine.

Leur unique fonction est d’être utilisé comme messagers. Cela est dû à leur capacité de retourner à leur gîte : nés à un point A et transportés à un point B, ils reviendront toujours au point A. De plus, ils peuvent voler par tous les temps et parcourir jusqu’à 400 km sans faire de pause.

Donc l’idée de faire du pigeon un soldat n’est pas une nouveauté, mais l’arrivée de la biotechnologie ouvre une voie non plus dans la communication mais dans la surveillance.

Un cap est franchi en mars 2026 : la start-up russe Neiry annonce avoir commencé à développer des pigeons « biodrones  » : grâce à un implant neuronal posé chirurgicalement, les développeurs espèrent pouvoir téléguider les oiseaux comme des machines pour effectuer des missions déclarées civiles pour l’instant.

On peut augurer que les pigeons seraient lâcher pour surveiller des installations sensibles, plus discrets que des drones et plus résistants aux intempéries. S’ils sont bien détectés par tous les radars, actuellement leur signal n’est pas priorisé et donc ne déclenche pas d’alerte. Certes aujourd’hui, la technique employée n’est pas encore au point car les oiseaux semblent ne pouvoir être orientés que vers la droite ou vers la gauche, mais à l’avenir…

Second exemple : le retour de la rage en Europe.

Selon l’Anses (Agence nationale de sécurité alimentaire, de l’environnement et du travail), cet événement est directement lié aux répercussions de la guerre sur la faune sauvage.

La plupart des cas recensés aux cours des années précédentes ont en effet été identifiés à moins de 50 km des frontières avec l’Ukraine et la Moldavie.

Les conflits armés ont considérablement perturbé la surveillance sanitaire et les mesures de prophylaxie antirabique : ainsi la Roumanie a, par exemple, interrompu son programme de vaccination des renards.

La destruction des habitats et des ressources peuvent également participer à la dispersion du virus.

Depuis 2021, plusieurs pays d’Europe Centrale sont touchés comme la Pologne, la Roumanie, la Hongrie et la Slovaquie.

Plusieurs dizaines de cas chez les animaux sauvages et domestiques sont recensés chaque année (jusqu’à 109 en Roumanie en 2025) alors que ces pays n’avaient pas détecté de cas depuis plusieurs années.

En 2025, un homme est décédé en Roumanie après avoir été mordu par un chien errant. Il s’agissait du premier décès humain dû à la transmission de cette maladie par un animal terrestre dans l’Union Européenne depuis 2012.

La cartographie de la propagation du virus de la rage reflète une pression infectieuse constante vers l’ouest. Ainsi début 2026, un cas de rage a été confirmé chez une chienne en Allemagne, exportée de Russie en novembre 2025 avec 22 autres chiens par une association russe de protection animale, via un poste frontière letton. L’animal est mort le 26 janvier 2026.

Pour rappel, en France, la vaccination antirabique n’est pas obligatoire sauf pour les chiens de catégorie 1 et 2 ou si un animal effectue des voyages à l’étranger. Pour information, dans notre pays, uniquement 13% des chiens sont vaccinés contre la rage selon l’observation du SIMV.

Au vu des événements actuels et de l’incertitude dans laquelle nous évoluons, je vous propose 2 axes de réflexion.

1) Protéger son animal en cas de mauvaise rencontre car sans vaccination antirabique et sans son passeport qui en est le support, il sera euthanasié.

2) Resouligner les risques liés à l’importation d’un chien ou d’un chat ne respectant pas les obligations réglementaires car vous pouvez ramener également dans vos valises le virus rabique en plus de l’animal.

Il convient de toujours se renseigner auprès de l’ambassade française, sur le site Internet « Service public » de l’Administration française ou encore sur le site « AniVetVoyage » qui donnent les conditions d’importation sur notre territoire : les vétérinaires locaux ne sont pas toujours au courant de notre législation.

Le retour en France et ses conséquences sont souvent mal vécus et à l’origine de conflits alors que les mesures prises visent à protéger les animaux et leurs propriétaires.

Conclusion 

Après des années de régression, à cause de la guerre en Ukraine, la rage est de nouveau à notre porte : ce n’est pas une maladie du passé comme à l’époque de Louis Pasteur. On rappelle qu’elle tue une personne dans le monde toutes les 10 minutes.

La biotechnologie était sensée améliorer notre qualité de vie mais ses dérives sont préoccupantes.

La transformation d’un oiseau en plate-forme de surveillance pose question : à quand pour l’homme.

Et l’expérimentation animale et leur bien-être ?

Quand la fiction devient réalité…

Sources :

  • L’Essentiel n°807 du 2 juillet au 2 septembre 2026 page 3 : Le retour de la rage par Pascale Pibot
  • La Dépêche Vétérinaire n°1803 du 13 au 19 juin 2026 page 12 : Bientôt des pigeons biodrones ? par Aurore Hamelin
  • https://agriculture.gouv.fr/gare-la-rage

Les dernières publications