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La Dirofilariose chez le chat

La Dirofilariose bien connue chez le chien mais chez le chat que se passe-t-il ?

Symptômes 

Ayant plus de facilités à éliminer les larves ainsi que les filaires mâtures, le chat est beaucoup moins touché par cette contamination des vers du cœur. Pour autant, les conséquences ne sont pas moins graves, mais le risque de mort subite est plus grand que pour le chien.

3 situations possibles pour le chat

  • L’élimination asymptomatique

        Même si cela peut prendre jusqu’à 3 années, un grand nombre de chats (environ 62 % d’après une étude sur le sujet) élimine les vers et ne manifeste aucun symptôme.

  • Le chat avec symptômes de Dirofilariose qui récupère 

     –> Dyspnée (gêne respiratoire) qui peut ressembler à une bronchite chronique par réaction immunitaire face aux vers.

     –> Toux et sécrétions sanguinolentes éventuelles (hémoptysie).

     –> Des troubles digestifs (vomissements, diarrhées) et une possible perte de poids.

       On constate que ces symptômes peuvent persister chez le chat même après qu’il ait éliminé les vers adultes ou leurs larves.

  • Le chat qui décède

       Le décès du chat n’est que très exceptionnellement lié à une insuffisance cardiaque comme chez le chien.

       En effet, vu son système de défense, il est rarissime d’avoir de nombreux vers adultes dans son cœur.

1er cas

Dégradation respiratoire et apparition d’un œdème pulmonaire qui entraînent une détresse respiratoire pouvant aller jusqu’à la mort.

2ème cas

La mort subite ! Nettement plus fréquente chez le chat que chez le chien ! Elle peut survenir avec 1 seul ver et chez un chat totalement dépourvu de symptômes. Ce phénomène n’est pas bien expliqué et pourrait être dû à une forme d’allergie.

Comme nous le verrons par la suite, il est important de prévenir cette maladie grâce aux protocoles de vermifugation adaptés.

Traitement médicamenteux des vers du cœur

Le traitement contre les vers du cœur nécessite une stratégie double : il faut tuer les vers adultes (filaires) et les larves (microfilaires).

Plusieurs molécules peuvent être associées :

  • La Mélanasarmine (à éviter chez le chat) pour tuer les formes adultes
  • Injections intramusculaires douloureuse pouvant être accompagnée d’anti-inflammatoires et d’un suivi (risque de réactions organiques à la mort des vers).
  • Durée moyenne : les injections sont réparties à 1 mois d’intervalle.

La famille des Lactones Macrocycliques

(ivermectine, Mibémycine oxime, moxidectine, sélamectine… pour tuer les microfilaires

  • Formes orales et injectables.
  • Durée 6 à 12 mois voire jusqu’à 2 ans pour l’ivermectine. La Mibémycine oxime semble la plus efficace.
  • Suivi nécessaire sur les 12 heures après la 1ère administration car risque de réactions organiques à la mort des filaires pouvant aller jusqu’à la défaillance cardio-vasculaire grave.
  • Suivi accru sur les races de type Colley et Shetlands très sensibles à cette famille de médicaments même s’il n’y a généralement pas de soucis aux doses courantes utilisées ici.

Un antibiotique adapté

  • L’usage de doxycycline est recommandé pour tuer un type de bactérie (Wolfacchia) associé au développement des vers du cœur.
  • Durée : 1 mois

Important

Les molécules sont données à titre indicatif. Le vétérinaire adaptera le traitement au regard de chaque situation (état de l’animal, possibilités de traitement, coût …)

Traitement chirurgical des vers du cœur

L’extraction chirurgicale des filaires peut être tentée lors de très fortes infestations entraînant un syndrome cave chez le chien. Cela consiste à passer par la veine jugulaire (niveau du cou) et à retirer les vers avec une pince spéciale, idéalement en s’aidant d’une technique radio pour le guidage (le fluoroscopie).

La prévention

La prévention toujours privilégiée sur Conseils Véto, est la voie incontournable pour éviter ces gros soucis évoqués précédemment.

Ce qu’il faut savoir

  • Les chiens errants et canidés sauvages constituent des réservoirs de la maladie et sont peu gérables.
  • La lutte anti-moustique est fortement recommandée à l’échelle des communes mais aussi de vos extérieurs.
  • Faites en sorte de limiter les zones ou objets colletant l’eau à l’air libre dans lesquels les   moustiques pourraient pondre.
  • Pour les chats, les garder enfermés chez vous n’est pas suffisant car près 1/3 des chats   infectés vivent en intérieur.
  • Utiliser colliers ou pipettes antiparasitaires avec action sur les moustiques est fortement recommandé mais ne garantit pas une absence de contamination à 100 %.

Gestion de la prévention médicale

  • On utilise les molécules de la famille des lactones macrocycliques correspondant à des vermifuges vétérinaires.
  • On peut commencer dès l’âge de 8 semaines chez le chiot et le chaton.
  • Les doses pourront être mensuelles (formes orales ou locales de type spot-on) ou semestrielles (certaines formes injectables).
  • La fréquence et la stratégie dépendent de la région concernée (tempérée chaude, subtropicale …) et du mode de vie.

Ainsi en zones subtropicales, le traitement recommandé se fera toute l’année.

Pour le Sud de la France et les zones tempérées, on s’adapte à la saisonnalité avec 2 cas de figure :

  • Le chat (et en rappel : le chien) vit à l’année dans la zone à risque

       On le traite toute la saison en commençant 1 mois avant celle-ci (mi-mars/début avril) et jusqu’à 1 mois après celle-ci (fin octobre) pour pallier aux variations climatiques. Pour faciliter le suivi il est recommandé de vermifuger 1 fois par mois toute l’année.

  • Le chat (et en rappel : le chien) vit hors zone et passe un séjour dans celle-ci (vacances)

       On se fixe sur la date d’arrivée sur place et on compte 1 mois pour donner la première dose. Ensuite renouvelez 1 fois par mois jusqu’à ce que vous ayez donné 2 doses chez vous (protocole sécuritaire).

Il peut être recommandé de faire une sérologie antigénique avant la première prévention et, ensuite, à chaque printemps pour contrôler d’éventuelles failles dans le protocole.

La dirofilariose chez l’homme (zoonose)

La contamination de l’homme est purement accidentelle mais existe surtout dans les zones endémiques (foyers développés de la maladie).

On trouve des cas aux Etats Unis, en Espagne, en Italie, dans le Sud de la France et en Corse (35 pays au total).

Cela reste tout de même relativement rare ou sous diagnostiqué. On compte 5 à 10 cas reconnus en France chaque année.

L’homme est plus souvent touché par la Dirofilariose cutanée que par la Dirofilariose cardiaque.

Dirofilariose cutanée (Dirofilaria repens) chez l’homme

On n’en a pas parlé ici, mais il existe une autre Dirofilariose qui se transmet, elle aussi, par les moustiques.

Elle touche aussi bien le chien que le chat. Très répandue dans le Sud de la France, elle touche même plus souvent les animaux que la Dirofilariose cardiaque.

Le mode de développement est similaire mais tout se passe au niveau de la peau. La plupart du temps, il n’y a aucun symptôme. Lorsqu’il y en a, on constate de fortes démangeaisons (prurit) et des liaisons cutanées rouges et sans poils liées au grattage et léchage. On trouve ces lésions plutôt dans les régions postérieures et ventrales du corps.

Chez l’homme contaminé, il y a aussi un érythème (rougeur), du prurit, un œdème. La réaction inflammatoire peut être confondue avec un kyste ou une petite tumeur bénigne qu’on retire parfois chirurgicalement pour rien.

La contamination est purement accidentelle et inadaptée au parasite.

Les microfilaires ne se développent pas comme chez le chien et n’atteignent pas le cœur de l’homme. Par contre lors de leur cheminement, elles peuvent venir s’enkyster dans les poumons ou dans l’œil.

Un cas d’enkystement testiculaire a même été diagnostiqué chez un homme à qui on a retiré le testicule. Le souci est que le kyste formé peut être suspecté de kyste tumoral et entraîner une opération pas forcément utile au final. 

Cet article a été rédigé par le Docteur CARRERE

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