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L’alimentation humide pour un chat

qu’il soit en bonne santé ou qu’il soit atteint dune maladie chronique.

En France plus de 90 % des calories consommées par les chats sont fournies par des aliments industriels ; 6 chats sur 10 recevraient des aliments secs et 4 sur 10 des aliments humides.

En pratique, la distinction est moins claire car les mélanges sont fréquents. Plusieurs études montrent notamment qu’une alimentation mixte est plutôt bénéfique pour la santé du chat.

Les aliments humides sont appelés ainsi parce qu’ils contiennent en moyenne 70 à 80 % d’eau. Ce sont des aliments conditionnés dans des emballages étanches : boîtes ou barquettes métalliques, sachets fraîcheurs, etc.

Hydratation favorisée

Un chat ne régule pas sa consommation d’eau de la même façon selon ce qu’il mange. Des études montrent que les chats qui consomment des aliments humides ont tendance à ingérer plus d’eau que ceux qui mangent des croquettes.

Un chat qui mange quotidiennement 100 g d’aliment humide absorbe 70 ml d’eau si cet aliment contient 70 % d’humidité. Pour un chat de 4 kg, cela couvre déjà plus du tiers de son besoin en eau. (Un chat nécessite au moins 50 ml d’eau par kg et par jour, soit 200 ml pour un chat de 4 kg). Avec une alimentation exclusivement humide, le chat boit peu mais son apport total en eau est largement suffisant.           

Un aliment riche en protéines (comme le sont la plupart des aliments humides) encourage aussi la consommation d’eau car il stimule la diurèse. L’urée produite au cours du catabolisme des protéines exerce un effet diurétique en élevant la pression osmotique de l’urine.

Prévention des troubles du bas appareil urinaire

La meilleure prévention de troubles urinaires consiste à encourager le chat à boire suffisamment. L’urine concentrée du chat facilite en effet l’apparition d’affections du bas appareil urinaire : urolithiases mais aussi cystite idiopathique féline (CIF) car certaines substances contenues dans l’urine peuvent irriter la muqueuse de la vessie. Plus la densité urinaire est élevée, plus le risque de troubles urinaires est important. Ainsi la densité urinaire moyenne est significativement plus faible chez les chats consommant un aliment humide que chez les chats recevant un aliment sec.

Augmenter la consommation d’eau d’un chat a des conséquences favorables sur sa composition urinaire. Plus il absorbe d’eau, moins les cristaux minéraux ont des chances de précipiter et moins le risque d’irritation de la muqueuse vésicale est important car le temps de séjour de l’urine dans la vessie diminue. Pour limiter le risque de rechute, il faut agir sur l’environnement du chat. Parmi toutes les modifications possibles, c’est l’augmentation de la consommation d’eau qui permet le mieux de diminuer le taux de récidives.

11 % des chats recevant un aliment humide ont présenté un nouvel épisode de CIF contre 39 % des chats recevant un aliment sec.

Les chats souffrant d’ABAU (troubles du bas appareil urinaire félin) urinent en moyenne 3 fois par jour et environ 2 fois pour les chats sains.

Lutte contre la lassitude alimentaire

Les chats peuvent se mettre à bouder un aliment qui jusque-là semblait les satisfaire. Chez les chats très âgés, les problèmes dentaires ainsi que la perte de l’odorat et du goût sont parfois responsables de ce phénomène mais la lassitude alimentaire est aussi observée chez des chatons et chez des achats adultes. Jouer l’alternance entre plusieurs types d’aliments aide à stimuler l’appétit des chats difficiles.

Pour les nutritionnistes, l’attrait des chats pour « la variété » alimentaire traduirait un impératif physiologique. En ne se limitant pas à un seul type d’aliment, ce carnivore strict qu’est le chat obéit à des règles de prudence : il risque moins de souffrir de carences nutritionnelles et évite la dépendance exclusive vis-à-vis d’une source unique de nourriture au cas où celle-ci ferait défaut.

Les aliments humides sont également indiqués dans toutes les situations où le chat peine à se nourrir lui-même : convalescence, troubles de l’alimentation…

Maintien du poids de forme

Les avis sont plus nuancés aujourd’hui.

L’eau contenue dans les aliments agit probablement comme un facteur stimulant l’installation de la satiété. Par rapport à des croquettes apportant la même quantité d’énergie, un repas riche en eau, donc plus volumineux, pourrait donc aider à calmer l’appétit de certains chats, en augmentant la durée du repas et en stimulant des récepteurs situés dans l’estomac. A apport calorique équivalent, un aliment humide est en moyenne 4 fois plus volumineux qu’un aliment sec, à cause des 71 à 80 % d’eau qu’il contient en moyenne.

Stimuler l’appétit tout en favorisant la satiété

L’appétit du chat est soumis à un système de régulation complexe. Certains signaux sont envoyés pendant les repas et d’autres entre les repas. La distension de l’estomac pendant le repas n’est pas le seul facteur à prendre en compte.

Le degré d’humidité de l’alimentation peut par exemple influencer le niveau d’activité spontanée des chats : avec une alimentation contenant 52 % d’eau, l’activité des chats de plus de 7 ans est plus élevée que celle des chats consommant uniquement des croquettes.

De nombreux propriétaires de chats mélangent ou alternent les croquettes et les boîtes, ces dernières étant souvent considérées comme la part « plaisir » de la ration. Rien n’interdit théoriquement ce type de pratique, à condition de bien surveiller la consommation alimentaire globale du chat afin d’éviter le gain de poids. Un sachet fraîcheur d’aliment humide pour chat de 85 g représente par exemple l’équivalent d’environ 20 g de croquettes.

Plus un aliment humide est riche en eau, plus il semble limiter la consommation calorique. Il est cependant déconseillé de simplement verser de l’eau sur les croquettes : outre le mauvais accueil que font généralement les chats aux aliments réhydratés, l’eau liée aux nutriments ne produit pas le même effet que l’eau simplement ajoutée.

 En pratique, une alimentation humide favorise l’observance du régime en déculpabilisant les propriétaires qui n’ont plus le sentiment de « frustrer » leur animal avec un seul type d’aliment en quantité limitée. Au vétérinaire d’individualiser et d’adapter les rations au cas par cas car plusieurs combinaisons sont possibles : croquettes + aliment humide ou aliment humide + ration ménagère.

Quelles que soient les proportions d’aliments sec et humide dans le régime alimentaire du chat, la règle est toujours la même : adapter le rationnement au poids cible visé pour le chat et bien contrôler la distribution journalière. Pour que la substitution soit efficace, il convient de vérifier le respect du rationnement par le propriétaire : il faut qu’il remplace une part des calories issues des croquettes par un aliment humide (et non pas qu’il ajoute le second à la ration normale des premières !)

Sur le plan de la tolérance digestive, la routine est toujours préférable. Si l’on choisit d’associer aliments secs et humides, mieux vaut respecter le même équilibre au quotidien. La digestion sera toujours plus facile si le régime est stable car les enzymes intestinales ont besoin de temps pour s’adapter à un changement de composition du régime.

Chez le chat comme chez l’homme, un régime hypocalorique entraîne une perte de poids mais celle-ci est très souvent compensée rapidement, une fois l’aliment habituel redistribué.

En cas d’insuffisance rénale chronique ou de diabète

Lors d’insuffisance rénal chronique, la polyuropolydipsie est généralement moins remarquée chez un chat que chez un chien. Le risque de déshydratation est pourtant réel, d’autant plus que la sensation de soif se déclenche moins facilement chez un chat.

Le passage à une alimentation humide permet de stimuler le « turnover » de l’eau ; cela est particulièrement important lorsque les reins deviennent incapables d’épurer correctement le sang chez les animaux insuffisant rénaux et que l’accumulation du phosphore et des déchets du métabolisme protéique risque de devenir toxique.

Il existe des formulations humides spécialement adaptées aux exigences des chats insuffisants rénaux, lorsque la restriction en phosphore et en protéines est devenue incontournable pour prolonger l’espérance de vie du chat.

Le caractère appètent d’un aliment humide est aussi très appréciable lorsque le chat insuffisant rénal a tendance à ne pas manger assez. Il suffit parfois d’étaler un peu de nourriture sur les pattes ou les lèvres d’un chat pour qu’il se lèche et que son appétit se réveille… Réchauffer un aliment humide à température corporelle permet aussi de mettre en valeur les arômes.

Les risques de déshydratation et de dysorexie sont aussi présents chez les chats diabétiques. Grâce à leur richesse en eau et à leur appétence, les aliments humides sont donc également indiqués lors de diabète sucré chez le chat.

Si le propriétaire arrête le régime spécifique prescrit à son chat en cas de troubles urinaires, d’obésité, d’IRC ou de diabète, c’est souvent parce qu’il a l’impression que l’animal n’apprécie pas l’aliment qu’il lui donne. Proposer des aliments humides de textures variées permet de garantir le suivi du régime, contribue à l’amélioration des résultats cliniques et à la satisfaction du client.  

Sources : L’essentiel n° 427 du 13 au 23 novembre 2016

Cet article a été sélectionné et rédigé par le Dr CARRERE

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