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Le lapin nain à la maison

Alimentation, environnement et comportement

Le lapin est un animal de compagnie très fréquent dont le comportement et la sensibilité sont proches du Chat. Comme souvent chez les NAC, un environnement ou une alimentation inadaptée peuvent rapidement être à l’origine d’une affection ou d’un trouble du comportement. A l’occasion du 6ème congrès du GENAC, les Drs Emilie Tessier et Christophe Bulliot ont rappelé les conditions de vie idéales pour un lapin de compagnie.

A l’état sauvage, les lapins vivent en bande dans des plaines herbeuses où ils passent beaucoup de temps à chercher leur nourriture, creuser des galeries, explorer, jouer, se toiletter. La hiérarchie au sein du groupe est importante, les soins aux petits sont minimes (1-2 tétées/jour), l’éducation se fait essentiellement par mimétisme. Le lapin est un animal très expressif même s’il fait peu de bruit : il grogne, tape du pied lorsqu’il n’est pas content, grince discrètement des dents lorsqu’il apprécie les caresses. Les cris stridents témoignent d’une grande détresse ou d’une peur intense. Il frétille également de la queue à la manière d’un chien et a son « quart d’heure de folie » comme un chat.

Le lapin est un animal territorial : il défend son territoire (ou sa cage), pratique le marquage urinaire et fécal (ce qui pose quelques problèmes en captivité). La puberté est précoce (dès 4 mois) et peut entraîner des comportements inadaptés à la maison (grattage, parade amoureuse, hyperexcitation, agressivité) ou des maladies (pseudo gestation). La stérilisation précoce du mâle et de la femelle annule la plupart des comportements indésirables liés à la reproduction et à la défense du territoire.

Comment enrichir le milieu de vie ?

En captivité, le lapin est souvent seul et enfermé dans une cage où les distractions manquent cruellement. La sédentarité et l’ennui favorisent l’obésité, les pododermatites, les stéréotypies, l’agressivité, la dépression et les ralentissements du transit digestif.

Idéalement, le lapin ne doit pas passer sa vie entière en cage. Il est possible d’éduquer cet animal, naturellement très propre et de l’habituer à vivre dans la maison. La cage, dont l’entrée est latérale, est disposée dans la pièce de vie, le lapin peut y rentrer ou en sortir à son gré, si l’environnement est sécurisé (fils électriques, plantes toxiques) et après une période d’éducation. Celle-ci passe par le renforcement positif (récompenses) et le mimétisme (le mettre dans la litière par exemple). Les comportements inappropriés doivent être redirigés et l’isolement est une bonne punition. Lorsque le lapin est surexcité, il est possible de l’apaiser en plaquant la main sur son dos pour l’immobiliser et lui cacher les yeux jusqu’à ce qu’il retrouve son calme.

Les longueurs, hauteur et profondeur minimales de la cage sont respectivement 120, 60 et 50 cm pour un lapin nain. Il doit pouvoir se tenir debout sur ses postérieurs. La litière est disposée dans le coin d’élimination, à l’opposé du coin alimentation. Le foin est distribué en râtelier ou en boule à foin et non à la même le sol pour le garder propre et appétissant. Des cachettes et des promontoires sont mis à disposition du lapin.

Le lapin peut tout à fait vivre à l’extérieur, si son enclos est sécurisé par rapport aux prédateurs, aux plantes toxiques (muguet, houx, if par exemple), aux intempéries. Il faut également concevoir l’enclos de façon à empêcher le lapin de fuguer car il est très efficace pour creuser des galeries.

Le lapin est un animal très sociable, mais la cohabitation tardive entre deux animaux peut s’avérer délicate. L’idéal est de faire cohabiter un couple de lapins stérilisés. La cohabitation interspécifique est également possible avec un chien, un chat mais elle reste impossible avec un furet et déconseillé avec un cobaye (risque de transmission de bordetellose).

Des jouets, des jeux de casse-tête, des arbres à chat adaptés, une maison en carton ou des tunnels en foin à grignoter permettent de divertir le lapin. La distribution de nourriture également une place prépondérante dans l’enrichissement du milieu.

Comment bien nourrir un lapin ?

Le lapin est un animal herbivore très sélectif dont le goût et l’odorat sont très développés. Le foin doit être son aliment de base : il stimule le transit, prévient les troubles dentaires en permettant leur usure naturelle et limite l’ennui de l’animal qui passe plus de temps à consommer du foin qu’à avaler des granulés.

Le foin représente donc 70 à 80 % de la ration, distribué dans un râtelier ou une boule à foin, tôt le matin ou tard le soir afin de respecter le rythme du lapin, animal crépusculaire. La qualité du foin est tout aussi importante : il faut le choisir vert, odorant, peu compact, sans poussière. Il est possible de varier les plaisirs avec des foins aromatisés à la carotte, à la menthe …

Comme le dit le Dr Bulliot, « un lapin n’est pas granulivore mais herbivore ». Les granulés ne sont donc absolument pas indispensables alors qu’ils représentent encore trop souvent la majorité de la ration alimentaire.

Les mélanges de graines sont à proscrire, ainsi que les granulés multi-espèces ou pour lapin d’engraissement. On choisit de préférence des granulés compactés à chaud ou des aliments Monoforage® car ils contiennent plus de fourrage et moins de céréales. Ils doivent être fermes, compacts, difficiles à casser pour favoriser la mastication et l’usure dentaire.

La composition en protéines, en matières grasses, en fibres et en calcium est de, respectivement, 15-16 %/MS, <5 %/MS, >20 %/MS et 0.6-1 %/MS. La densité énergétique des extrudés est très élevée et la quantité distribuée chaque jour doit être faible (20g/kg de lapin/jour maximum) pour limiter l’obésité. Pour favoriser l’exercice, ils peuvent être donnés dans un distributeur mobile de croquettes pour chat (Pipolino® ou balle distributrice).

Les légumes frais, lavés, séchés sont distribués en quantité raisonnable, environ 30-40 g/kg de lapin/jour.

Lorsque le lapin a accès au jardin, la consommation de l’herbe est possible après une transition, alimentaire lors des premières sorties afin que le lapin, gourmand, n’en consomme pas de façon excessive ce qui provoquerait une diarrhée.

L’eau est apportée en quantité suffisante (50-120 ml/kg/jour), dans un ramequin (de préférence) dont le volume est adapté. Une insuffisante d’abreuvement favorise la formation de boue et lithiases urinaires, l’insuffisance rénale et les impactions digestives.

Les friandises sucrées ou à base de produits laitiers sont à proscrire car inadaptées à un animal herbivore, même si celui-ci les apprécie beaucoup. Les sachets d’herbes séchées, les bûchettes ou les mélanges de légumes séchés sont tout aussi appétents et bien plus adaptés. Le bloc minéral et le foin de luzerne sont déconseillés car ils apportent trop de calcium.

Le lapin de compagnie n’est donc pas un animal de cage, il doit vivre le plus souvent possible en liberté et interagir avec la famille, à la manière d’un chat. Une alimentation raisonnée permet de limiter les affections dentaires ou l’obésité et représente l’opportunité de se distraire.

Sources : Dr Caroline Siméon – L’ESSENTIEL n° 387 du 12 au 18 novembre 2015

Cet article a été sélectionné et rédigé par le Dr CARRERE

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